lundi 17 juillet 2017

Mary et la fleur de la sorcière


メアリと魔女の花 (Mary et la fleur de la sorcière) est le premier long métrage du studio Ponoc, que d’aucuns voient comme l’héritier du studio Ghibli. Et non sans raison, car nombre du staff de ce dernier vient de ce premier. À commencer par le réalisateur lui-même, Hiromasa Yonebayashi, qui a déjà deux films à son actif chez Ghibli借りぐらしのアリエッティ (Arrietty - Le petit monde des chapardeurs - 2010) et 思い出のマーニー (Souvenirs de Marnie - 2014). Le film était donc attendu avec une certaine impatience par les fans d’animes japonais en général et par ceux de Ghibli en particulier. Mais est-ce que la relève attendue est bien là ?

Alors en ce qui concerne le graphisme et l’animation, on est au niveau d’un Ghibli. On pourrait regretter un chara-design qui n’ose pas se démarquer de son prédécesseur, mais après tout, garder ce style immédiatement reconnaissable du public peut se comprendre, en particulier pour ce premier film. Et ajoutons que les Japonais n’aiment pas trop être bousculés dans leurs habitudes, ce qui vaut autant pour les spectateurs que pour les dessinateurs.
L’histoire traite de magie, thème qui se prête donc tout à fait à quelques fantaisies visuelles. En pareil cas, Miyazaki déploie avec générosité sa veine «baroque», mais ici, on sent que le réalisateur a voulu imiter le maître sans toutefois oser aller aussi loin que lui dans le délire graphique. Il garde un constant souci de ne pas montrer de scène trop dérangeante. C’est dommage d’édulcorer ainsi, car sans grain de folie, l’extravagance penche facilement vers le kitsch.

Concernant l’histoire, le réalisateur a prudemment opté pour une recette souvent adoptée par Miyazaki lui-même : adapter un roman (ici The Little Broomstick de Mary Stewart, inédit en France). Ne connaissant pas l’original, je ne saurais dire si l’adaptation est fidèle ou non. Mais le résultat est décevant à plus d’un titre. Le scénario est aussi linéaire qu’un moteur de maglev. Mais le plus désolant est l’absence de profondeur des personnages. Mary est présentée sans aucune subtilité, en particulier en ce qui concerne sa maladresse qui est montrée d’une façon tellement caricaturale qu’il est difficile de s’attacher d’emblée au personnage. Elle vit ensuite une expérience assez inédite et traumatisante sans que cela ne semble l’affecter plus que cela. Elle aura juste perdu sa maladresse on ne sait trop comment et cela lui aura permis de devenir amie avec le garçon avec lequel, bien entendu, elle ne s’entendait pas au début du film. Les motivations de ses ennemis sont vite mises sur le compte d’une transformation magique et l’on a même droit à un Deus ex machina pour permettre aux deux jeunes héros de se sortir d’une fâcheuse situation finale.

Le film pèche principalement par sa volonté de reprendre les ingrédients qui ont fait le succès des films de Miyazaki tout en gommant les aspects rugueux ou perturbants de ces derniers. On sent la crainte d’essuyer un échec commercial dans ce choix. En effet, par bien des côtés, le film me semble formaté façon «film familial de l’été». Au Japon, beaucoup de films, et en particulier des animes, sortent pendant les vacances scolaires d’été. Certains sont devenus des rendez-vous incontournables comme les films des Pokémons. Étant parent au Japon, j’ai dû m’y coller et subir bon nombre de ces productions, et en particulier ceux des Pokémons, justement. J’en ai donc vu pléthore de franchement ennuyeux, sur le schéma «les gentils sauvent le monde en battant les méchants» avec sa variante à peine plus fine «les gentils sauvent le monde en battant les méchants qui ne l’étaient pas tant que ça, méchants» et où rien ne vient perturber l’enthousiasme des héros. Parfois, des scénaristes un peu moins routiniers ou compatissants envers les parents accompagnant leur marmaille s’amusent à introduire d’autres thèmes, jouant habilement sur deux niveaux de lecture. Ça reste rare, mais c’est pour dire qu’ils en sont parfaitement capables, et le résultat est tout à fait appréciable. Malheureusement, Hiromasa Yonebayashi n’en a rien fait. Sans doute échaudé par le peu de succès de Marnie, il a préféré jouer la sécurité avec les recettes éprouvées par l’industrie cinématographique nipponne et propose donc un film de l’été convenu dont la seule originalité est d’avoir un graphisme à la Ghibli.

mardi 31 janvier 2017

La cornemuse de nulle part - 1er épisode

J'ai acquis un dokodemopipes, dont je présente les caractéristiques sur cette page.
Je vais tâcher de rapporter mes progrès et impressions sur ce blogue.

Les premiers contacts ont été un peu déroutant. Étant habitué au uilleann-pipes, je n'ai eu aucun mal à maîtriser le soufflet, qui pour cette cornemuse demande moins d'efforts.
Par contre, s'habituer au chanter a été plus difficile: il est plutôt court, approximativement de la taille d'un tin-whistle en ré, et ses trous sont plus petits: les doigts se bousculent un peu sur les notes supérieures. De plus les deux pouces sont utilisés, celui de la main droite pour le trou du fa naturel. Ça demande une gymnastique un peu particulière. Et si on veut s'aventurer sur des airs un peu plus exotiques que les écossais ou breton, le doigté peut devenir un peu compliqué.

Mon but en acquérant cette cornemuse était de jouer un peu autre chose que de l'irlandais. Cette cornemuse est bien adaptée pour les airs bretons et écossais, hormis lorsqu'il faut faire des croches acrobatiques impliquant un ré grave et des notes aiguës. À la cornemuse écossaise, elles sont un peu plus faciles à réaliser, car trois doigts de la main droite restent en place. Ici, il faut tous les lever, et dans le feu de l'action, ils ne retombent pas forcément là où on le voudrait.
J'ai retrouvé quelques vieux réflexes que je croyais perdus, du temps où je tentais de jouer de la cornemuse écossaise, il y a de cela plus de trente ans! Même si les airs bretons et écossais sont possibles sur le uilleann-pipes, ils sont plus agréables à jouer et sonnent mieux sur cette cornemuse proche du smallpipes.

Je voulais aussi jouer des airs de musique ancienne. Là, c'est plus difficile, car il faut souvent utiliser un doigté un peu plus sportif pour jouer dans les tonalités exigées.

Les airs galiciens passent assez bien, malgré quelques dièses et bémols qui traînent.

Pour commencer, voici trois marches bretonnes apprises il y a longtemps. La première, est la marche de Cadoudal, la deuxième, si j'ai bonne mémoire, doit s'appeler la marche de Lann-Bihoué, et la troisième, j'ai oublié.

vendredi 1 avril 2016

Tanka de printemps


満開の 桜の下で お花見を 楽しむ客と 働く蜂と
Sous les cerisiers
Que le printemps fait fleurir
Alors qu'insouciants
S'esbaudissent les badauds
Les abeilles bossent

lundi 25 janvier 2016

Haïku d'hiver (2)

飼い猫が
足跡残し
朝の雪
kainekoga
ashiatonokosi
asanoyuki
Le chat du foyer
Laisse ses traces de pas.
Neige du matin


lundi 11 janvier 2016

Hitachino Red Rice Ale

Cette bière est brassée avec une variété de riz rouge cultivé autrefois au Japon.

Elle est d’une couleur inédite, d’un or cuivré tirant sur le rouge-mauve. Sa couleur est troublée par la présence de levures. Plutôt gazeuse, sa mousse est fine.

Elle dégage des parfums fruités. La base de riz lui donne quelques arrière-goût de saké. Très originale, et il se pourrait qu’elle s’avère déroutante pour certains.

Appréciation: Excellent.


Hitachino Nest Dai Dai Ale

Une bière parfumé à la fukure mikan, une mandarine japonaise.

Elle est d’un roux franc. Plutôt gazeuse, sa mousse est fine.

Elle a évidemment des arômes d’agrumes, mais aussi de sucre roux.

Le goût de la mandarine est discret, et ne domine pas les saveurs de malt et de houblon. L’amertume n’est pas très prononcée et disparaît vite. Quelques arrière-goûts floraux. Elle est plutôt subtile pour une IPA où les parfums sont généralement plus marqués.

Appréciation: Très bien.







lundi 4 janvier 2016

Hitachino Nest XH

Une belge forte vieillie dans des fûts de shochu.

Elle est d’un brun soutenu. Très gazeuse, sa mousse est abondante et dure longtemps.

Elle a des arômes agréables et sucrés de fruits secs.

Bière plutôt moelleuse et complexe. Même si elle est assez forte (8%), on ne sent pas vraiment l’alcool. Les arrières-goûts de shochu sont plutôt discrets et le goût est doux, fruité et riche.

C’est certes une bière de type belge, mais assez japonisée, ce qui la rend originale et plutôt intéressante.

Appréciation: Très bien.